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L’atlas santé de la région vient de sortir. Il dresse un constat accablant avec des habitants globalement en moins bon état de santé que la moyenne des Français. Dans un environnement
naturel et économique toujours dégradé.
PAR BERNARD VIREL region@lavoixdunord.fr
PHOTO ARCHIVES JEAN-PIERRE BRUNET
« Cet atlas, explique Jean-Claude Westermann, directeur de la direction régionale des affaires sanitaires et sociales (DRASS), est parti d’une volonté commune (1) de mettre à disposition
de tous des éléments pour bien comprendre la situation de la région. Car la santé est aussi liée à des facteurs socio-économiques et environnementaux. » Et comme sur ces plans-là, la
région est aussi à la traîne, on comprend mieux l’état de santé dégradé des habitants.
> Le poids des facteurs socio-économiques… Cet atlas le met en évidence une fois de plus. La région est à la traîne : la précarité y sévit beaucoup plus
qu’ailleurs. Ainsi, si en moyenne, la part des Rmistes est de 5,4 % de la population (soit 1 point de plus que la moyenne française), elle s’élève à plus de 6 % dans les secteurs de
Valenciennes, Maubeuge, et Roubaix. Même constat pour l’allocation de parent isolé (2,6 % de la population, soit 1,3 point de plus que la moyenne française), la CMU (couverture maladie
universelle), 10,8 %, soit 4 points de plus que la moyenne française, sans oublier le taux de chômage (+ 3,5 points).
> … et de l’environnement Car même si de ce côté-là, les choses vont mieux avec un travail important sur les sols pollués, l’équilibre reste fragile. Ainsi, ces
dernières années, la qualité de l’air a-t-elle eu tendance à se dégrader : 16 % des indices montraient une qualité de l’air moyenne ou mauvaise en 2006 (contre 11 % en 2005 et
12 % en 2004). Sans oublier un recours à la procédure d’alerte qui a tendance à augmenter pour mauvaise qualité de l’air : vingt jours en 2006 contre dix en 2005.
> Maladies longue durée : des bons points Dans cet atlas, pour la première fois, a été introduit un indice de morbidité pour savoir « de quoi est malade
la population », souligne le directeur de la DRASS. Un indice qui s’attache uniquement aux affections de longue durée : tumeurs malignes, diabète, maladies coronaires, hypertension
artérielle sévère, cirrhose du foie. Dans ce domaine, la région tire son épingle du jeu, avec, par exemple, en 2004, un nombre de nouveaux cas dus à des tumeurs malignes, une hypertension
artérielle sévère ou une insuffisance respiratoire sévère, en proportions moins important qu’en France. Avec une répartition très inégale selon les bassins de vie : taux les plus élevés
pour les tumeurs malignes, par exemple, dans les circonscriptions de Lens, Cambrai et Boulogne-sur-Mer, et meilleurs résultats dans une grande partie de la métropole lilloise, le Calaisis et
l’Audomarois.
> Et les moyens ?
Du côté des moyens, si Jean-Claude Westermann reconnaît que « l’offre de soins est quantitativement satisfaisante », notamment
en médecins généralistes, il n’oublie pas d’évoquer certains manques. Pêle-mêle, il y a les infirmières (717pour100 000 habitants contre 788 en France), avec des secteurs sous-dotés comme
le Dunkerquois et le Douaisis ; et surtout, sans surprise, les spécialistes (une densité régionale de 136 pour100 000 habitants contre 174 en France). Et si l’on prend l’exemple des
chirurgiens libéraux : leur représentationpour100 000 habitants va de 33 pour les secteurs les moins dotés (Artois et Béthunois) à 60 pour une partie de la métropole lilloise et le
Montreuillois. Alors que la moyenne française s’élève à 62 praticiens… • 1. – Sont également associées : l’Union régionale des caisses d’assurance maladie (URCAM) et l’Agence
régionale de l’hospitalisation (ARH).
> Atlas à retrouver sur les sites suivants : www.nord-pas-de-calais.sante.gouv.fr www.npdc.assurance-maladie.fr www.arh5962.fr
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